Budapest

Vendredi 16 août

Nous avons reçu hier un SMS de la part de l’aéroport avertissant qu’il valait mieux se présenter 2 heures avant car il y avait un risque d’encombrement, nous voilà donc parti à 14h pour un décollage à 18h30 et seulement 1h30 de voiture.

Nous passons aisément les contrôles et nous voilà porte 82 à attendre l’embarquement. Nous nous mettons immédiatement dans la queue car le nombre de bagages en cabine et réduit et nous ne voulons pas voir nos valises partir en soute. L’ambiance comme vous pouvez le deviner est joyeuse et détendue, chacun tuant le temps comme il peut.

C’est au moment où l’embarquement commence que le visage de Lisa-Marie se décompose et dans une totale panique, la voix tremblotante, elle nous annonce : « j’ai perdu mon billet d’avion ». Elle suppose l’avoir fait tomber une demi-heure auparavant au Starbucks où elle était allée avec Matthias et Jules juste après le contrôle des bagages soit la moitié de l’aéroport à traverser.

Je lui dis que ce n’est pas grave, que j’ai le billet sur mon ordinateur est que je vais lui envoyer sur son téléphone. Elle me regarde avec toute la misère du monde dans les yeux : «  il y avait aussi ma carte d’identité » annonce-t-elle. Elle n’est plus seule à paniquer, nous sommes 6. Sauf Jules qui dans un calme olympien lui dit viens, on va voir, on va la retrouver. Nous voilà tous les 3 courants comme des dératés à travers les couloirs.

A notre arrivée à Bales Virginie nous avait déjà fait la fausse alerte de la mallette oubliée dans la voiture. Pendant que nous battons des records de vitesse, les autres imaginent tous les scénarios possibles. Je pourrais faire durer le suspense. Mais arrivés au café, les papiers nous attendent sagement sur le comptoir.

Et c’est soulagés que nous montons dans l’avion.

——————–

——————–

——————–

Samedi 17 août

Journée d’intégration et de découverte de la ville, nous avons dû parcourir aujourd’hui entre 10 et 15 kilomètres à pieds.

Que dire des Hongrois sinon qu’ils ont confirmé ce que nous avions lu dans les différents guides.

Ils ne sont pas très accueillants et ni très sympathiques. Aucune patience et intolérants, poussant la grand-mère dans le rayon d’un magasin parce qu’elle n’avance pas assez vite, hurlant sur leur vélo pour qu’on les laisse passer alors qu’ils arrivent en trombe.

A midi nous sommes allés faire quelques courses pour la semaine, arrivés en caisse le caddy plein nous déballons nos achats sur le tapis et deux clients plus tard la caissière d’un air plus qu’énervé nous fait comprendre que nous devons aller à  la caisse d’à côté.

Effectivement le numéro de caisse change de couleur, vert vous pouvez passer, bleu vous êtes le dernier client et rouge c’est interdit, nous étions au rouge, encore fallait-il le savoir et surtout personne ne nous avait prévenu.

Donc ce matin visite des halles de Budapest, bâtiment magnifique par sa structure, conçue par Gustave Eiffel en 1900. Toute de métal et de briques, cette grande halle couverte permet de se restaurer et d’acheter des produits souvenirs comme le paprika, l’unicum ou encore la liqueur d’abricot.

Nous faisons après une petite pause dans le hall des thermes de Gellert où nous irons sûrement dans la semaine nous baigner.

Pour l’après midi, nous avions décidé de visiter la grande synagogue, mais nous nous sommes retrouvés à flâner parmi les préparatifs de la fête nationale qui a lieu mardi et lorsque nous sommes arrivés, celle-ci était bien entendu fermée. C’est au travers les rues du quartier juif que nous trouvons un lieu incongru. Vieille usine désaffectée où sont installés de nombreux bars, vous déambulez parmi les pièces aux murs tagués où se mélangent les musiques.

Nous y passons une bonne partie de la soirée et c’est vers 23 heures que nous rentrons à l’appartement pour manger. Les pâtes bolognaises vite préparées nous nous attablons et parlons de notre journée, lorsque Jules stoïque nous dit je viens de me faire agresser par un pot de fleurs.

Effectivement nous devions parler un peu fort la porte du balcon étant ouverte, la personne du dessus n’a pas dû apprécier nos comptes rendus.

Nous décidons donc d’aller nous coucher…….

——————–

——————–

——————–

Dimanche 18 août

Journée culturelle, à la grande joie de nos ados.

Ce matin nous nous dirigeons vers le musée Ludwig qui propose des œuvres d’art contemporaines et modernes dont des œuvres du pop art américain (Andy Warhol, Claes Oldenburg, Robert Rauschenberg) et également des artistes d’Europe centrale avec un focus sur l’art Hongrois des années 60 jusqu’à nos jours. Des expos temporaires sont également présentes.

Puis ce sera l’exposition photographique Robert Capa, qui répertorie ses œuvres les plus célèbres couvrant plusieurs guerres importantes.

Après avoir mangé nous continuons d’étancher notre soif de culture avec la visite de la Basilique Saint-Étienne de Pest. C’est la plus grande église catholique de Budapest qui se caractérise par sa riche architecture et sa taille imposante. Sa construction  a commencé en 1851 et a durée 54 ans.

Puis nous finissons la journée par une petite balade le long du quai aux chaussures. C’est un quai constitué d’une soixantaine de paires de chaussures en métal, scellées sur les rives du Danube, sur quarante-cinq mètres de long. Il représente les personnes fusillées par le parti des Croix fléchées sur ces rives qui devaient se déchausser avant leur exécution.

——————–

——————–

——————–

Lundi 19 août

Journée aux thermes de Széchenyi

Les Thermes Széchenyi  sont les thermes principales de Budapest, elles font parties des grands établissements thermaux d’Europe, l’eau y est composée de calcium, de magnésium, d’hydrocarbonate, de sodium et de sulfate.

Nous passons la journée à déambuler de  salles en salles où la température de l’eau des bassins s’échelonne entre seize et quarante degrés.

C’est la peau toute douce que nous rentrons en empruntant la ligne de métro n°1. Elle est la ligne la plus ancienne de Budapest et la première ligne de métro d’Europe continentale. Elle comprend actuellement 4,4 km et 11 stations, toutes souterraines. Ce métro à petit gabarit implanté immédiatement sous la chaussée fut plutôt au départ un tramway en souterrain.

——————–

——————–

——————–

Mardi 20 août

Fête Nationale Hongroise

Après une bonne nuit de repos nous partons ce matin pour le funiculaire

Un peu d’histoire, inauguré en 1870, le funiculaire de Budapest a été le deuxième à avoir été construit en Europe. Il relie le Pont des Chaînes à la partie haute de la ville, à côté du Château de Buda.

C’est jour de fête Nationale, les berges du Danube sont jonchées de petites baraques qui proposent nourritures, boissons et souvenirs.

Nous passons devant une salle en bas du château de Buda où les gens entrent et ressortent avec une part de gâteau, curieux nous franchissons la porte et pénétrons dans un grand hall bondé de personnes qui achètent et mangent du gâteau.

Cette date est aussi celle où les Hongrois découvrent leurs deux gâteaux nationaux élus pour une année par des experts, les recettes seront ensuite transmises à travers tout le pays.

Nous arrivons enfin au funiculaire et montons sur le haut de Budapest où nous flânons pendant un bon moment. L’heure de nous sustenter étant arrivée nous cherchons un  restaurant traditionnel afin de gouter à la cuisine Hongroise et au détour des petites ruelles nous trouvons ce que nous voulions.

Nous gouttons  un ragoût de porc pour certains ou de poulet pour d’autres, accompagnés de gnocchis. Mets délicieux, ainsi qu’un serveur fort sympathique pour une fois. C’est rassasiés que nous repartons pour la visite du Bastion des pêcheurs.

Après une longue période de marche sous un soleil de plomb nous arrivons devant un grand bâtiment. La file d’attente arrive presque à nous décourager, mais prenant notre mal en patience nous parvenons à entrer. Les murs sont couverts de dorures, les sols de moquettes rouges, sous un dôme immense est exposée une couronne.   

A la fin de la visite chacun de nous se demande pourquoi tant de luxe pour le souvenir de pêcheurs et comment pouvaient-ils vendre leurs poissons dans un tel bâtiment. Nous nous asseyons sur le parvis et cherchons l’église Saint Matthias qui est censée être derrière, mais impossible de la trouver. Le nez dans nos guides nous essayons de prendre des repères, lorsque Virginie s’écrit en brandissant son livre : « regardez, ça ressemble à ce que nous venons de visiter, et bien ce n’est pas le Bastion des Pêcheurs mais le Parlement » Effectivement nous nous étions trompés d’édifice et le jour de la fête Nationale celui-ci est ouvert gratuitement au public ce qui explique le monde faisant la queue.

Le Bastion et l’église Matthias sont de l’autre côté du Danube et il est trop tard pour aller les visiter, d’autant que les ponts sont maintenant fermés à la circulation pour le feu d’artifice. Nous allons donc boire une bonne bière pour nous rafraichir et attendre le spectacle.

Que dire du spectacle, sinon que ce fut grandiose, je pense que je n’ai jamais vu un feu pareil. Quand je dis un feu, ce sont des feux car ils sont lancés de deux ponts et de deux barges tout cela en stéréo. Nous rentrons extasiés, émerveillés et épuisés de la journée.

——————–

——————–

——————–

Mercredi 21 aout

Ce matin levé plus tôt que d’habitude pour les adultes, nous laissons nos 3 jeunes dormir est partons à l’assaut du mont Gellert.

Après avoir gravi les 235 mètres, devant nous se dresse la gigantesque Statue de la Liberté hongroise, de ses 14 m de haut, tenant une palme dans les bras. Symbole de la ville, elle est visible de très loin et commémore la libération de la capitale par l’Armée Rouge.

Nous arrivons à la Citadelle et à son belvédère, c’est ici que nous profitons de la meilleure vue de la ville. La forteresse a été bâtie en 1854 par les Autrichiens, le plus en hauteur possible, afin de mieux surveiller les Hongrois. Dans la Citadelle, il est possible de visiter un ancien bunker allemand transformé en musée. Ce dernier retrace les évènements de la seconde guerre mondiale et l’occupation de Budapest par les nazis.

Il est temps de redescendre pour retrouver nos ados, nous contournons l’édifice tout en passant devant une multitude de cabanons où sont vendu des souvenirs. Cela nous fait penser à la Fontaine de Vaucluse dans le sud de la France.

Arrivés à flanc de la colline, nous nous dirigeons vers une grille, celle-ci avait plus d’une fois excitée notre curiosité. Nous nous trouvons devant l’entrée de l’église troglodyte Notre-Dame-des-Hongrois (Sziklatemplom)

Nous visitons évidement ce curieux édifice et rentrons rapidement car il se fait déjà tard.

Cet après-midi c’est la visite de la Grande Synagogue de Budapest

Les budapestois en sont fiers car c’est la plus grande synagogue en Europe et la deuxième plus grande au monde juste après le temple Emanu-El de New York.

Elle se situe dans le quartier juif de Budapest. Sa façade fait face à l’est, en direction de Jérusalem. Sa surface intérieure est de 1200m2 avec 2964 places assises, 1492 pour les hommes et 1472 pour les femmes. Elle mesure 53,1 m de longueur et le point le plus haut est à 43,6m.
La synagogue fut construite dans le style architectural mauresque. Après 4 ans de travaux, elle fut inaugurée le 6 septembre 1859.
En Hongrie, bien que 96% de la population soit catholique, la communauté juive demeure importante.

Il nous faudra pratiquement 2 heures pour la visiter.

——————–

——————–

——————–

Jeudi 22 août

Ca sent malheureusement la fin du voyage, car c’est demain que nous devons rentrer.

Aujourd’hui, visite de l’église Saint Matthias et du tant attendu emblématique Bastion des Pêcheurs, alors pas de temps à perdre et pour garder des forces nous prenons le tram.

C’est dans le quartier du château de Buda que se trouvent ces deux monuments.

L’église Notre-Dame-de-l ‘Assomption de Budavár, église du couronnement de Budavár ou église Matthias est l’un des principaux sanctuaires catholiques de Budapest.
Sa construction débuta en 1255 et suite à de nombreux effondrements et de multiples destructions, elle fût totalement terminée quand 1896.
Transformée en mosquée durant l’occupation ottomane, elle souffre des combats pour la libération de Buda et est reconstruite à plusieurs reprises.
Le 8 juin 1867, l’église sert de cadre au couronnement de François-Joseph Ier et de son épouse Élisabeth de Wittelsbach (plus connue sousle surnom de Sissi) comme roi et reine de Hongrie.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le siège de la ville par les armées soviétiques cause de sérieux dégâts à l’édifice. Les Allemands transforment la crypte en « bunker » de fortune. À l’issue du conflit, l’église est fermée par les autorités communistes.
Promise à la démolition, l’église est pourtant restaurée à partir de 1950. Les travaux s’achèvent en 1970. En visite pastorale en Hongrie, le pape Jean-Paul II célèbre un office dans l’église le 19 août 1991

En sortant de l’église nous avons face à nous le Bastions des pêcheurs.

Terminé en 1902, il est constitué de 7 tourelles pour les 7 tribus d’Arpad. Leur forme conique évoque les tentes des Magyars.
Le Bastion remplit une fonction décorative, il n’a jamais joué de rôle défensif. L‘édifice a été construit à la place d’anciens murs d’enceinte et financé par la riche corporation des pêcheurs. Un marché aux poissons y avait lieu d’où l’énigmatique origine du nom : bastion des pêcheurs…
Il fut lui aussi sévèrement endommagé lors du siège de Budapest, durant la deuxième guerre mondiale. Étant une attraction touristique importante il a été l’un des premiers bâtiments du quartier du château à être rénové.

En 1976 la construction d’un grand hôtel  Hilton derrière l’église Mathias et le Bastion des pêcheurs provoqua un scandale dont le gouvernement communiste se soucia fort peu.

La visite terminée, nous descendons à travers les ruelles pour rejoindre le métro puis le centre-ville. Nous avions promis Mc DO ce fut chose faite.

Nous emploierons notre après-midi à faire du shoping pour ramener quelques souvenirs, mais les plus importants resteront ceux de notre mémoire.